Via Rhona Episode 5

pour jardiner un peu. Valence est à 35 kms, je continue, nous verrons.
Je poursuis donc ma route le long du fleuve et des plantations fruitières. Le soleil tape fort, les passages sous les arbres sont agréables. Les mûres et prunes jaunes picorés ici ou là, hachent un temps ma performance sportive. Je roule depuis le lever du soleil avec plaisir et regard émerveillé. Mais, je sens que le corps faiblit. Je choisis donc de conserver le plaisir du voyage, en prenant le train de Valence à Lyon. Je m’en vais donc trouver la gare de Valence, et retrouve la joie du feu rouge, arrêt, pied à terre, pied sur pédale, appui fort, lancer de vélo, démarrage en danseuse. La gare est là, les terrasse des cafés sont pleines et bruyantes. La population se croise, s’active, dégage une énergie dynamique. C’est un retour dans la vie active citadine après un périple solitaire dans un cadre naturel, mais aménagé par l’homme.
Le temps de prendre mon billet, et me voilà installé sur ma banquette, pour une heure de rails en mode pilotage automatique. Posé et forces déposées, je lutte pour garder les yeux ouverts. Je dois m’absenter tout de même quelques secondes ici ou là, tête légère posée contre la vitre, corps lourd avachi sur le siège. Cette pause me sera bénéfique. J’arrive en gare de Jean Macé, réactive le corps, n’oublie aucun bagage et enfourche une dernière fois mon moyen de transport. De suite, je décide de rejoindre les quais du Rhône pour retrouver un semblant de tranquillité, et poursuivre la trace de la Via Rhona. Tranquille sans danger automobile, mais le monde est partout. Le soleil brille, le vent est doux, la foule se déplace, se promène ou se fossilise sur les divers bancs, marches et espaces de pose, ou pause. 
Je me faufile avec cet étrange sentiment de légèreté  sur ce chemin connu, et de craintes à l’idée de finir ce trajet, et donc cette aventure. J’observe, pédale en douceur, profite… Puis, c’est un dernier défi que je m’impose sans difficulté. Se lever, trouver l’équilibre, se mettre en danseuse pour augmenter la vitesse. Se gainer, se porter vers l’avant, puissant et droit vers la ligne blanche d’arrivée. Tout donner, finir à bloc, arriver au plus tôt, au plus vite, pour savourer l’effort total. Découvrir et utiliser la moindre énergie du corps pour atteindre le maximum, la limite. Se sentir fort, puissant pour aller vers le vide, l’épuisement. 
Départ Dimanche 18h00, Arrivée Lundi 20h00. 26 heures de trip solitaire en vélo à travers un bout de France. 240 kilomètres avalés et quelques douleurs tendineuses au genou. Un esprit sain qui s’est nourri et hydraté à la sensation. et aux paysages. Une chaîne cassée, deux crevaisons, mais souvent le plaisir de pédaler et d’y aller, droit devant. Devant, là bas, puis ici, devant mon portail qui s’est ouvert pour mon plus grand plaisir…
Vélo déposé au coeur de la cour, ouverture de la maison, grenadine servie, direction le potager pour trouver son dîner de récompense. Haricots trop long à faire… salade verte oui, tomates, rouges de chaleur, framboises, carottes oui, et un artichaut à cuire le temps de la douche. Parfait, tout est là, place à la douche puis la cuisine. 
Mon repas d’arrivée est donc composé de tomates cerises rouges, roses, jaunes ou noires. Salade verte accompagnée de tomates, maïs, thon et lardons. Le succulent artichaut précède un yaourt désiré et des framboises non mangé par les enfants pour une fois. 
Cette petite aventure cycliste était un régal. Un trip sportif à refaire différemment, un trip sportif que je te conseille. La Via Rhône est belle à visiter sur quelques kilomètres… A toi de choisir le nombre!
 

Fin Version A

 

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